La relocalisation en Franche-Comté

RELOCALISATION : Définition

 

On peut définir les relocalisations économiques de deux manières :

 

    Au sens strict, c'est le retour dans leur pays d'origine d'unités productives, d'assemblage ou de montage antérieurement délocalisées sous diverses formes dans les pays à faibles coûts salariaux.

Par extension, la relocalisation apparaît comme le ralentissement du processus de délocalisation des activités économiques vers les pays à bas salaire, ou bien la remise en cause des décisions de délocalisation ou la non-délocalisation dans les secteurs sensibles à la compétition par les coûts.

 

Qu'est-ce que la relocalisation ?

La relocalisation désigne le retour en France d'unités de production, d'assemblage ou de montage qui avaient été délocalisées dans un pays en développement pour profiter des faibles coûts salariaux. Par extension, ce terme peut aussi désigner le ralentissement des délocalisations vers les pays à bas salaire.

Ces deux phénomènes constituent une tendance qui émerge dans les secteurs des services et de l'industrie manufacturière depuis les années 2000. Il n'en reste pas moins que les cas de relocalisations sont marginaux par rapport à l'ampleur des délocalisations.

A noter : depuis juillet 2010, l'Etat encourage les relocalisations avec l'Aide à la réindustrialisation (ARI) ; il s'agit d'une avance remboursable versée par Oséo afin de financer des projets d'investissements sur l'ensemble du territoire français. Cette aide est valable jusqu'au 30 juin 2013 mais s'adresse en priorité aux moyennes et grandes entreprises.

 

 

 

Les facteurs de relocalisation :

 

Les relocalisations peuvent répondre à plusieurs logiques :

 

    1.   les problèmes de qualité du produit final. Dans les services (centre d'appel par exemple), peuvent apparaître un besoin de proximité avec le client.

2.    des questions de coût. L'intérêt économique de la délocalisation se modifie en fonction de l'évolution des salaires des pays dans lesquels les activités ont été délocalisées, du coût de transport directement liés au prix de l'énergie, des modifications des techniques de production notamment l'automatisation, des aides des pouvoirs publics qui prennent en compte les coûts pour la collectivité des obligations sociales, du chômage, etc.

3.    les logiques de rationalisation de la production des grands groupes qui se recentrent sur leurs marchés d'origine.

 

Certains distinguent trois facteurs déterminants de la relocalisation :

 

1.    la diffusion du changement technologique à travers les nouvelles technologies de procédés (technologies flexibles) et les innovations de produits ;

2.    les innovations organisationnelles ;

3.    l'incertitude de la demande.

 

La volonté pour certains dirigeants d'insérer leur modèle économique dans une approche bilan carbone ou RSE, voire ISO 26000 pourront constituer dans les prochaines années, un nouveau facteur de relocalisation.

 

Plusieurs facteurs expliquent la tendance actuelle à la relocalisation :
- l'augmentation des coûts de transport
- les délais de livraison trop longs
- les difficultés de coordination avec des équipes situées à distance
- les problèmes de qualité et de non-conformité du produit final et leur impact sur l'image de l'entreprise
- l'espionnage industriel et le plagiat
- les taxes d'importation et les quotas européens

Toutes ces raisons ont conduit certaines entreprises à modifier leur stratégie et à revenir dans l'Hexagone, malgré des salaires plus élevés.


Relocaliser a aussi des avantages:
- accroître la qualité et la réactivité
- promouvoir un savoir-faire français et un produit "made in France" pour reconquérir des marchés
- faire des économies sur le coût de transport et polluer moins
- se recentrer sur son marché d'origine.

Dans vingt ou trente ans, l'augmentation du coût du transport et des salaires dans les pays émergents devrait rendre les délocalisations moins attrayantes. C'est pourquoi dès aujourd'hui certaines entreprises font le choix de rapatrier, au moins partiellement, leur production.

 

EXEMPLE : Atol relocalise

« La décision de relocaliser relève d’arbitrages entre coûts, qualité, délais, innovation. C’est un choix d’entreprise », note Philippe Peyrard, directeur général de la coopérative d’opticiens Atol (600 salariés). La capacité d’innovation des lunetiers jurassiens a emporté la décision de cet ex-L’Oréal. Peu convaincu par la collection de montures sous-traitée en Chine, « sans saveur », il en a relocalisé la production, un an après, en 2004, en faisant le pari du haut de gamme à Morbier (Jura). La fabrication tricolore a eu son prix : 500 000 euros de manque à gagner en raison du surcoût de la main-d’œuvre, que la hausse du prix des montures de 130 à 135-140 euros n’a pas compensé. Mais elle a été récompensée en 2007 par la trouvaille de la monture interchangeable, vendue… 200 euros. Pas question pour Philippe Peyrard de fanfaronner sur le made in France : « C’est antinomique, dépassé, à l’heure européenne. » Cohérent aussi, car Atol ne sous-traite que 30 % de ses marques propres dans l’Hexagone.

 

Atol a mis trois ans à rentabiliser son retour

En 2005, l'opticien a relocalisé la production d'une de ses gammes. Mais ce n'est qu'en 2008 qu'il a compensé le surcoût grâce à une innovation

Il ne regrette rien et pourtant les choses ne se sont pas tout à fait passées comme il l'espérait. En 2003, quand Atol récupère la licence Ushuaia, Philippe Peyrard, directeur général du réseau d'opticiens, fait le tour des sous-traitants de la vallée lunetière du Morez, dans le Jura, à la recherche d'un fabricant français pour sa nouvelle gamme de montures.

En vain : « À l'époque, explique-il, on n'avait que 250 points de vente et les industriels jurassiens ont eu peur de ne pas avoir assez de volume. J'ai donc dû délocaliser cette production en Chine, mais j'étais vraiment dépité. » Si bien qu'en 2004, quand Atol atteint 400 points de vente, Philippe Peyrard, qui n'est qu'à moitié satisfait de ses lunettes chinoises, sillonne à nouveau le Jura. Et trouve cette fois un sous-traitant français qui reprend la production dès 2005. Ce qui permet de créer « une vingtaine d'emplois ».

Fin de l'histoire ? Non, car sa paire de lunettes « made in France » lui revient 20 euros à 25 euros plus cher qu'en Chine. Pour compenser ce surcoût, il lui faut absolument trouver une « innovation qui fasse la différence ». Au départ, ce sera une couleur plus sophistiquée, qui lui permet de vendre sa monture 140 euros à 145 euros, contre 130 euros pour la lunette « made in China ». Insuffisant : pendant trois ans, le manque à gagner se chiffrera entre 400 000 euros et 500 000 euros par an. Heureusement, les 750 opticiens qui composent l'actionnariat coopératif d'Atol « misent sur le long terme ».

Trois ans pour redevenir rentable

De fait, le pari ne sera atteint qu'en septembre 2008, date à laquelle Atol lance un « produit extraordinaire », à savoir des clips à fixer sur les branches des montures qui permettent aux clients de changer de couleur et de style selon leur envie. Une innovation que l'opticien commercialise entre 180 euros et 200 euros, un prix enfin compatible avec le « made in France », voire jusqu'à 215 euros pour la nouvelle gamme de clips en relief.

Le succès, qui permet de créer une quarantaine d'emplois chez un sous-traitant de l'Ain, est si « fulgurant » qu'Atol vise 4,5 % de croissance en 2010, quand le secteur devrait se contenter d'un petit 1,5 %. Pour Philippe Peyrard, pas de doute : « Études de la biocompatibilité des clips avec les branches, essais d'hydrométrie, etc., c'est grâce au savoir-faire des lunetiers français qu'on a pu mettre au point ce produit. Car, même si les Chinois sont très bons pour produire vite de grandes quantités, pour innover, les Français ont encore un peu d'avance. »

Solliciter les ingénieurs locaux

Au-delà de la belle histoire de la relocalisation d'Ushuaia, « Atol a été amené à revoir certaines étapes de production », poursuit le dirigeant. Ainsi, la coloration des montures « semi-finies » se fait non plus en Chine mais en France. Atol a aussi choisi de garder sur son site bourguignon ses trois plates-formes téléphoniques et son atelier de montage des paires offertes gratuitement. Enfin, pour mettre au point son « progiciel », un outil informatique de gestion des magasins, il a préféré embaucher des ingénieurs français plutôt que de confier le marché à des informaticiens indiens.

Pour autant, Atol n'est pas entièrement passé au tout « fait en France ». Ses magasins distribuent d'abord 85 % de marques d'autres fournisseurs, souvent fabriquées à l'étranger. Et sur ses 15 % de marques propres, 80 à 85 % sont produites en France. « Il n'est pas forcément facile d'aller plus loin, assure Philippe Peyrard. Certains savoir-faire, comme la fabrication du petit ressort qui assure la souplesse de la branche, n'existent plus en France. »

 

 

 

EXEMPLE : SMOBY 

 

 

En 2008, chez le principal fabriquant de jouet jurassien Smoby, 600 personnes perdaient leur emploi. Depuis, l'entreprise a été reprise par Simba et la production est de plus en plus relocalisée dans le Jura.

 

De ce fait, le numéro un français du jouet Smoby a bien failli disparaître ! Repris par la société allemande Simba, l'entreprise a  perdu une grande partie de ses salariés. Quatre ans après , nous avons voulu faire le point sur ce qui a changé ,voir comment l'entreprise se porte et pour commencer, retrouver ceux qui sont restés sur le bord de la route et qui ne cachent pas leur amertume...

http://www.dailymotion.com/video/xuhyx4_smoby-il-y-a-4-ans-simba-reprenait-l-entreprise-jurassienne_news

 

Au siège de Smoby Toys, à Lavans les St Claude, la direction expose avec fierté tout ce qui a changé et annonce des projets importants. Les élus du secteur se félicitent de la réimplantation jurassienne de Smoby

http://www.dailymotion.com/video/xuhyym_smoby-l-arrivee-de-simba-a-relance-la-cite-du-jouet_news

 

Au moment de sa reprise il y a quatre ans, Smoby avait des sites de production dans le Jura et dans l'Ain, aujourd'hui, l'activité est totalement jurassienne avec un site de production dans lequel le groupe a investi plus de 13 millions d'euros en quatre ans, à Arinthod.

http://www.dailymotion.com/video/xuhz11_smoby-l-usine-d-arinthod-s-agrandit_news

 

Dans un contexte de crise et un marché mondial encore plus compliqué, l'exemple de Smoby est surprenant. L'entreprise s'aggrandit et relocalise de plus en plus sa production.

http://www.dailymotion.com/video/xuhz4y_smoby-la-production-est-de-plus-en-plus-relocalisee-dans-le-jura_news

Commentaires (1)

1. Vanessa 15/06/2015

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